La commune, en qualité de personne morale, ne peut demander de caution d'une personne physique dans le cadre d'une location. Peut-elle demander au futur locataire de prendre la garantie Visale d’Action logement ?
1. Dans le cadre d'un bail type loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs conclu pour un logement du domaine privé communal, le cautionnement ne peut pas être demandé, à peine de nullité, par un bailleur qui a souscrit une assurance, ou toute autre forme de garantie, garantissant les obligations locatives du locataire, sauf en cas de logement loué à un étudiant ou un apprenti (art. 22-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
En revanche, si le bailleur est une personne morale (comme une commune ou un EPCI), le cautionnement ne peut être demandé que :
- s'il est apporté par un des organismes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat ;
- ou si le logement est loué à un étudiant ne bénéficiant pas d'une bourse de l'enseignement supérieur.
Concernant les organismes précités, il s’agit (art. 1er du décret n° 2009-1659 du 28 décembre 2009) :
- des fonds de solidarité pour le logement (FSL) et les fonds locaux (art. 6 et 7 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990) ;
- des organismes collecteurs de la participation des employeurs à l'effort de construction (art. L 313-1 du code de la construction et de l'habitation) ;
- des associations auxquelles un fonds de solidarité pour le logement ou un fonds local accorde sa garantie (art. 6 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990) ;
- de tous les organismes ou associations qui apportent, à titre gratuit, leur caution à un candidat à la location afin de favoriser son accès au logement.
Par conséquent, dans le cas où le propriétaire serait une commune (ou un EPCI), pour un logement relevant de son domaine privé, elle ne peut pas exiger un contrat de cautionnement d’une personne physique, sauf dans le cas où (art. 22-1 de la loi du 6 juillet 1989) :
- le cautionnement serait apporté par l’un des organismes visés par le décret n° 2009-1659 du 28 décembre 2009 ;
- ou si le logement est loué à un étudiant ne bénéficiant pas d'une bourse de l'enseignement supérieur ou à un apprenti ;
- et à condition de ne pas contracter une assurance locative.
2. En plus des dispositions précitées, il existe le dispositif Visale. Ce dispositif mis en place en 2016 et géré par Action logement offre des garanties en cas d'impayés de loyers. La garantie est accordée sous réserve d'éligibilité au futur locataire qui en fait la demande avant la conclusion du bail d'habitation. Cette garantie, gratuite, est exclusive de toute caution par une personne physique ou d'assurance GLI (JO Sénat, 10.08.2023, question n° 02349, p. 4884).
Pour cela, le locataire doit obtenir le visa d'Action Logement et le bailleur doit accepter l'acte de cautionnement. En cas de dégradations locatives ou de loyers impayés, Action logement verse d'abord au bailleur le montant dû, et se fait ensuite rembourser par le locataire.
Depuis plusieurs années, la garantie Visale a été étendue à différents publics :
- depuis le 4 juin 2021, à tous les salariés ayant un revenu jusqu'à 1 710 € nets par mois et sans limite d'âge ;
- depuis le 4 juin 2024, aux travailleurs saisonniers.
Cette garantie s'adresse également :
- aux jeunes de 18 à 30 ans (salariés, en recherche d'emploi, autoentrepreneurs, étudiants, alternants, etc.) ;
- au public éligible au bail mobilité ;
- aux ménages qui s'installent dans un logement via un organisme agréé.
Pour vérifier l'éligibilité du locataire :
Il est donc possible pour la commune, en tant que bailleur, de demander la garantie Visale mais attention, la personne doit remplir les conditions pour en bénéficier (âge ou revenus). De plus, la commune ne doit pas avoir souscrit pour ce logement une assurance d'impayés de loyer ou une autre forme de cautionnement comme indiqué dans le point 1.